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Coaching : et si on cassait les dogmes ?

Irvin Yalom est un psychothérapeute iconoclaste et un auteur de grand talent. Dans un de ses romans « Mensonges sur le divan » (1996), il brise un dogme très fort en psychothérapie…
Son personnage principal s’interroge : ne vaudrait-il pas mieux se rapprocher des personnes qui le consultent pour rendre la thérapie plus efficace ?

Plutôt que de garder ses distances et ne jamais rien révéler de sa vie personnelle, le thérapeute ne peut-il pas se livrer lui aussi, comme le fait son patient ?

Dans cette fiction aussi divertissante qu’instructive, il tentera de mettre en pratique cette nouvelle approche avec une patiente aux ambitions cachées…

En bons héritiers de la psychothérapie, la plupart des coachs adoptent cette posture, sans la questionner, ni la remettre en cause : ils mettent un point d’honneur – qu’ils qualifient de déontologique – à garder une distance avec leurs clients.
Je les invite à lire Irvin Yalom ! Dans ma pratique du coaching, il m’arrive de parler de moi. Je le fais quand je sens que c’est nécessaire pour mon interlocuteur et qu’il est prêt à recevoir ce point de vue. Mon expérience l’aide à réfléchir, à prendre du recul…

Cette posture humanise et rend la relation plus intime : cela crée un climat de confiance qui incite à l’ouverture et peut souvent accélérer le processus de transformation.

J’ai le souvenir d’un consultant venant me voir et de me préciser sa pratique. Il se félicitait de dire bonjour et au revoir à ses clients. C’est aussi une pratique mais  que je ne partage pas.

L’objectif du coach est de faire évoluer le logiciel du coaché, de le faire grandir et progresser. Pour cela, il doit opter pour les meilleures méthodes par rapport à son cas. Si la situation le permet, pourquoi se priver d’une technique utile ? Ne soyons pas dogmatiques en coaching, restons pragmatiques et ouverts !

 

Ricardo Croati