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Cognition20 novembre 2025 · 6 min de lecture

Le cerveau à l’épreuve de ses névroses : la paranoïa

Le cerveau fait ce qu’il veut, quand il le veut. Et parfois, comme toute matière vivante, il tombe malade. La névrose la plus fréquente en entreprise : la paranoïa.

Le cerveau ne s’arrête jamais : il produit des pensées, même si l’on ne sait toujours pas exactement comment il s’y prend, tant les mécanismes électro-neuro-chimiques sont multiples.

Il est imprévisible et provocateur : c’est toujours lorsqu’on doit être calme qu’il se met à nous envoyer des pensées complexes. Rappelez-vous votre dernière prise de parole devant 250 paires d’yeux. Il est capable de nous aider en nous envoyant la peur pour fuir un serpent, et de nous envoyer cette même peur quinze jours avant de parler devant le board, alors qu’il n’y a aucun danger réel.

La paranoïa, névrose de bureau

Les névroses font partie des maladies qui produisent des effets délétères et nuisent aux relations interpersonnelles. Le paranoïaque se caractérise par une hypertrophie du Moi et une autorité assumée : très susceptible, orgueilleux, il sait tout sur tout, ne tolère pas la critique et se trouve incapable d’autocritique. Ses opinions sont, de son point de vue, inébranlables.

On remarque chez lui une certaine rigidité, un mépris des autres et une profonde intolérance. La pensée logique est perturbée par sa méfiance chronique, son orgueil et sa froideur. Bien qu’il possède une bonne capacité d’adaptation, il peut se montrer très dur avec ses subordonnés, respectueux avec ses pairs, et obséquieux avec ceux qu’il considère comme supérieurs.

Ces personnalités font les plus grands dégâts dans le monde de l’entreprise, car elles ne consultent jamais et poursuivent jour après jour leur tyrannie sans aucun remords.

Comment réagir face à un paranoïaque ?

Il faut s’en éloigner le plus possible. Si ce n’est pas possible, comme avec un collègue que vous côtoyez tous les jours, il faut avant toute chose :

ne pas montrer d’émotions ;
répéter les choses, comme un disque rayé ;
ne pas provoquer de réaction de sa part ;
éviter l’humour ;
et surtout se dire que le problème est chez cette personne, pas chez vous.

Nous avons tous au fond de nous quelques névroses passagères, qui s’expriment généralement dans des contextes complexes et non dans la routine quotidienne. Mais du point de vue d’une personne atteinte de paranoïa, tout est normal : ce sont les autres qui posent problème. C’est précisément ce qui rend la prise de conscience extrêmement complexe.

Voilà pourquoi il est utile d’apprendre à connaître le fonctionnement de son cerveau : cela permet d’éviter de subir, ou de faire subir aux autres, les dysfonctionnements de nos chers neurones.

Ricardo Croati
Ricardo Croati
Fondateur de France Training, coach et formateur en neuro-management

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